Jeux de mains d’Yves Laurent

Présentation :

Auteurs : Yves Laurent alias Yves Vandeberg et Laurent Vranjes

Genre : Policier

Sortie : 2017

Édition : Esfera, Imaginons Ensemble

Synopsis :

« Ce coup-ci n’était qu’un « essai » afin de m’assurer que je n’avais pas tout à fait perdu la main, mais, pour ma prochaine victime, je lui réserve une véritable petite œuvre d’art. Mon vieux Corduno, il va falloir te préparer à en baver grave. »

Après deux années d’interruption, le tueur en série qui donnait des cauchemars au célèbre Inspecteur Principal David Corduno et à son équipe décide de refaire surface afin de poursuivre sa danse macabrement perverse. Le point commun de la sixième victime avec les précédentes ? Une nouvelle phalange emportée, mais à la main gauche, cette fois.

Le sang-froid de Corduno va être mis à rude épreuve au cours de cette enquête bruxelloise ponctuée de traits d’humour et de bains de sang. Mais pourquoi le meurtrier semble-t-il si bien connaître son traqueur ?

Avis :

Ça y est ! Après un mois d’avril beaucoup trop court pour tout ce que j’avais à faire, je peux enfin revenir ici pour vous parler de Jeux de Mains ! Ce livre m’a été envoyé par la très gentille Nath du blog « Mes Lectures du dimanche« . Elle l’offrait dans un concours pour fêter les 4 ans de son blog. L’échange est simple, elle nous envoie le livre et nous on vous en parle. Le but est de faire connaître ce livre qu’elle a adoré (je vous laisse un lien vers sa chronique ici). Je vous préviens tout de suite, j’ai un avis mitigé sur ce livre. Au point que j’ai pendant un moment sérieusement envisagé de le laisser tomber, mais mon instinct m’a dit de tenir bon et il avait raison. J’étais sans voix à la fin.

Mais revenons au début, alors que c’était encore la lune de miel entre moi et ce livre. Dès les premières pages, j’ai accroché à l’histoire. Le prologue écrit du point de vue du tueur nous présente un criminel en dormance qui planifie son retour. Dès cet instant, je voulais absolument savoir qui il était et surtout pourquoi il s’était arrêté de tuer pour reprendre d’un coup. La première scène de crime nous confirme ce que laisse entrevoir les premières pages : ça va être sanglant et cruel. J’ai un gros faible pour les thrillers dans lesquels on fouille la psychologie du tueur, alors forcément je ne pouvais qu’être conquise par cette entrée en matière. J’ai dévoré les premières pages, prête à vivre l’aventure.

Je vous préviens d’entrée de jeu : ça se passe en Belgique. Vous ne pourrez pas passer à côté en le lisant, impossible de se tromper. De la géographie des lieux (et des références qui me sont inconnus) aux expressions très belges, il y a de quoi être un peu perdu au début. Heureusement, les auteurs ont eu la bonne idée de mettre un lexique à la fin pour nous expliquer ces phrases. Un personnage en particulier est un fervent défenseur des expressions belges et j’étais heureuse de pouvoir le sous-titré. Ce livre est un très bel hommage au plat pays. Moi qui le connais assez peu, j’étais heureuse de me replonger dans cette atmosphère qui m’avait marqué quand j’y étais allée (soit deux fois) quand j’étais petite. Entres les spécialités culinaires que nos héros mangent et les lieux visités, j’ai eu l’impression de voyager sans quitter mon chez moi. Ce qui en plein confinement était vraiment une bulle d’air bienvenue.

Quand on rencontre la petite équipe de flics, j’ai tout de suite été intriguée par le commissaire Corduno. Si toutes ces années à lire Batman m’ont apprises quelque chose c’est qu’il n’y a pas de bon méchant sans antagoniste fort. Et là on est servi. Le commissaire est assez impressionnant (et je ne parle pas que de sa taille). Il a une bonne back-story, une personnalité assez marquée et l’instinct que j’aime chez mes policiers. La profondeur de Corduno contraste énormément avec le reste de la brigade que je trouvais vraiment caricaturale : de l’ancien hacker reconverti en gentil à la seule flic forcément secrètement amoureuse du commissaire, ça passait mal. Je les trouvais clichés. J’espérais vraiment qu’ils gagneraient en profondeur au fil de l’histoire, malheureusement cela n’a pas vraiment été le cas. Cependant, à force de les connaître, certains finissent par nous devenir sympathique.

La rencontre de la brigade m’a donc fait redescendre de mon nuage mais je pouvais encore pardonner (surtout que je pensais sincèrement que ça s’arrangerait avec le temps). Mais ce qui m’a fait totalement sortir de ma lecture et envisager très sérieusement de l’abandonner sont les propos à la limite du sexisme que tenaient les personnages masculins (y compris notre cher commissaire). Déjà les personnages féminins sont toutes décrites par leur physique, mais surtout leur beauté est un indicateur de leur qualité morale. La jolie fille est forcément gentille alors que la fille ronde est forcément moche et rude. J’étais très mal à l’aise dans la description du regard que portent certains personnages sur une femme décrite comme sexy. J’étais tellement choquée que j’ai été vérifiée la date de parution du texte (non pas que ce genre de remarques soit acceptables dans un contexte en particulier, mais je peux comprendre que dans les années 60, le féminisme était moins dans les mœurs et donc que ce genre de propos était considéré comme « normal ») et quand j’ai vu 2017 ça a été la douche froide. Je peux pardonner beaucoup de choses à un livre, mais le sexisme pas vraiment. Heureusement que le prologue m’a assez tenté pour que je veuille savoir qui était le tueur, sinon je l’aurais reposé. Certaines réflexions m’ont vraiment mise en colère.

Pour aggraver encore mon contentieux avec ce livre, l’enquête avance relativement lentement au début et j’étais persuadée d’avoir trouvé l’identité du coupable à peu près au milieu du livre. Découvrir avant la fin le fin mot de l’histoire c’est vraiment LA chose que je déteste dans les romans policiers. Quand j’ouvre ce genre de livres je veux être surprise, je veux me triturer les méninges et quand même être bouche bée lors de la révélation finale. J’aime les fins qui nous font voir totalement autrement le livre et tout ce qu’on prenait pour acquis, au point de vouloir le relire pour voir les indices qu’on avait sous le nez depuis le début. Pour mon plus grand bonheur, c’est exactement ce qui s’est passé dans ce livre. Le retournement de situation final m’a totalement prise par surprise (surtout que j’étais convaincue d’avoir tout compris et donc dans une fausse sécurité). La fin est haletante et je suis vraiment tombée des nues. Ça a été tellement marquant que ça a presque modifié mon avis sur le livre. Ça rattrape tout ce qu’il y avait avant, au point de me donner (presque) envie de lire la suite pour voir les conséquences de ce qui s’est passé et si mes théories étaient quand même en partie correctes.

Conclusion :

Je suis donc très très mitigée vis-à-vis de ce livre. Il regroupe à la fois ce que j’adore et ce que je ne peux pas supporter. Le meurtrier, l’enquête et le retournement final valent grandement la peine, mais pour cela il faudra passer à travers le sexisme, les clichés et une lenteur à certains moments. Je suis tellement partagée que je n’ai même pas si je vais lire la suite (me connaissant la curiosité l’emportera sûrement, mais dans un très long moment). Le plus simple est que vous vous fassiez votre propre avis.

Alors Jeux de main, un petit bijou policier ou un livre qui aurait mérité quelques changements ? Vous en pensez quoi ?

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Un tout grand merci pour cet avis franc et sincère ! J’avoue que rien ne m’avait paru sexiste et que, connaissant les auteurs, il s’agit plutôt d’un trait des personnages que du reflet de leurs pensées, mais les sensibilités sont personnelles, alors je peux comprendre que ça ne passe pas ! L’essentiel est que tu y aies trouvé malgré tout des qualités et, in fine, que tu parles du livre 😊. Merci encore et bonne éventuelle future lecture 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Maïssa dit :

      Un grand merci à toi pour m’avoir fait découvrir ce livre. Je ne connais pas les auteurs donc je te fais tout à fait confiance. Comme tu dis c’est une affaire de sensibilité donc je suis certaine que ce livre peut plaire à certains moins touchés que moi par le sujet ^^

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