Kamikaze – Eminem

Présentation :

Rappeur : Eminem

Titre : Kamikaze

Production : Dr Dre, Slim Shady

Sortie : août 2018

 

Tracklist :

  1. The Ringer
  2. Greatest
  3. Lucky You (feat. Joyner Lucas)
  4. Paul skit
  5. Normal
  6. Em calls Paul skit
  7. Stepping Stone
  8. Not Alike (feat. Royce 9’5″)
  9. Kamikaze
  10. Fall (feat. Justin Vernon)
  11. Nice Guy (feat. Jessie Reyez)
  12. Good Guy (feat. Jessie Reyez)
  13. Venom (music from the motion picture)

Mon Avis :

Après un neuvième album très critiqué, Eminem revient avec ce qu’on pourrait presque appeler une bombe. Il faut dire que Revival, l’album précédent du rappeur, avait été boudé ou détruit par beaucoup… Alors, oui, ce n’était clairement pas son meilleur mais il ne méritait pas la réponse qu’il a reçu. Mais puisque beaucoup veulent voir Eminem tomber, un vent de haine et de mauvaise foi soufflait depuis la sortie de l’album. Le rappeur n’est pas du genre à répondre aux critiques dans les médias ou sur les réseaux sociaux (qu’il fuit comme la peste) et est parti en tournée cet été comme si de rien n’était. Nous étions donc très loin de nous douter ce qui nous attendait.

Vendredi 31 août matin, j’ai eu la bonne surprise de découvrir ceci. Et mon cœur s’est arrêté.

Eminem avait travaillé sur un album dans le plus grand secret et en annonçait la sortie immédiate avec cette simple phrase… Pas de mois entiers de pubs, sneek-peaks, ou de singles. Autant dire que j’ai tout de suite allumé Spotify et là…. FIRE !

Retour à des beats qui nous ramènent à ce que je considère comme les bonnes années du hip-hop. Retour à des hooks écrits et « chantés » par Eminem lui-même. (ENFIN) Retour à des paroles qui ont une cible bien précise et l’atteignent sans problème.

Pas de pop stars pour faire des singles pour la radio. Pas de chansons si différentes qu’on dirait qu’il y a plusieurs Eminem sur le même album…

Alors que Revival était l’album le plus décousu du rappeur et n’avait pas de vrai identité, au contraire de ses précédents opus, ici lorsqu’on écoute une chanson, on sait sans aucun doute de quel album elle est tirée.

Mais parlons un peu plus en détails des chansons.

L’album s’ouvre sur The Ringer. Et Eminem nous avait appris lui-même la leçon : you only get one shot. Il n’avait donc lui aussi qu’une seule chance de réussir son entrée. Et autant dire que The Ringer donne directement le ton de l’album. Et même si ce n’est pas mon flow préféré, personne ne peut dénier la qualité de la chanson. Non seulement nous revenons à un style de beat qui va bien plus au rappeur mais les paroles sont cassantes, elles vont droits au but et font mal. Eminem en a assez qu’on critique son travail juste pour le descendre et nous fait vite comprendre qu’il ne blague plus. Et quand on se rappelle que son dernier album s’ouvrait sur Walk On Water, une chanson ou le rappeur se remettait fortement en question, The Ringer ne frappe que plus fort.

Eminem enchaîne ensuite avec Greatest où il fait enfin de nouveau son propre hook (refrain « chanté » si vous préférez) et bordel ça fait plaisir ! Parce que je sais pas vous mais moi j’en avais marre d’entendre Rihanna sur chacune de ses chansons ! Dans cette chanson, en plus du beat (surement mon préféré de l’album) et du hook, les paroles font encore une fois mouche. Et autant dire que les critiques en prennent pour leurs comptes dès les premières phrases. Les rappeurs ayant descendu Revival se font descendre à leur tour, et bien entendu, Trump, que le rappeur déteste plus que n’importe qui. Cette chanson a beau être très agressive, elle a été pour moi une vraie bouffé d’air.

Lucky You prend ensuite le relais. Encore une fois, le beat est un retour au source qui fait du bien. Joyner Lucas fait du très bon boulot sur le chanson et nous offre en plus un hook vraiment sympa. Ici, c’est au tour du mumble rap (oui, oui, ça existe… ) de se faire exterminer par le rappeur. Il faut dire que des rappeurs qui n’articulent pas du tout et qui ne savent pas alignés deux rimes un peu recherchées… on se doute que ça ne doit pas être son truc.

L’album marque aussi le retour des skits qui nous rappellent les premiers albums du rappeur dans lesquels les skits étaient même parfois les parties les plus amusants (Ken Kannif pour les fans).

Nous passons ensuite à Normal, une chanson moins sérieuse qui aborde (encore une fois) le sujet d’une relation instable. Ce n’est pas mon morceau préféré de l’album mais je suis fan de l’instrumental. Si vous êtes fans d’Eminem depuis les débuts ou simplement si vous connaissez bien sa musique, écoutez les dernières secondes de la chanson et elles vous feront surement revenir à la période Eminem Show.  (Je précise que je ne fais pas partie des fans qui veulent absolument revoir « l’ancien » Eminem, mais cela ne m’empêche pas de souvent préférer ses anciennes chansons.)

Je passe rapidement sur Stepping Stone dans laquelle Eminem aborde le sujet de D12, le groupe avec lequel il rappait fin 1990, début 2000’s. Le groupe n’est plus depuis longtemps malheureusement mais l’amitié est toujours là. Le chanson n’est pas la plus marquante et je ne suis pas fan du sample (que vous entendez plus dans le refrain) qui ne va pas avec le reste je trouve MAIS c’est surement la chanson sur laquelle Eminem nous offre un flow qui se rapproche le plus de ce que j’adore entendre.  Ici, il nous donne l’impression que rapper est facile.

Not Alike nous offre un featuring avec l’ami de longue date du rappeur, Royce 9’5″. Ici, je dois dire que ce que je préfère est surement le hook. Je pense que j’étais tellement contente d’en entendre autant sur l’album que c’est sans doute ce qui m’a le plus marqué. Dans cette chanson, les deux rappeurs essaient de montrer leur supériorité sur les rappeurs qui les critiquent. Une bonne chanson de plus sur un album qui est décidément bien meilleur que le précédent. C’est aussi dans cette chanson qu’Eminem s’en prend à Machine Gun Kelly qui avait osé parler de sa fille (très mauvais idée…). Pour ceux que ça intéresse, MGK a depuis répondu avec la chanson Rap Devil.

Nous passons ensuite à la chanson qui a donné son titre à l’album, Kamikaze. Elle nous offre de nouveau un bon hook, un beat intéressant et qui change de ce qu’on entend tout le temps à la radio, et un flow plus…. libre en un sens. J’ai un peu eu l’impression que le rappeur se lâchait plus dans ses couplets et que rapper était facile pour lui dans cette chanson. Bref, une très bonne chanson de plus.

Fall est pour l’instant la seule chanson à avoir eu droit à une vidéo. Et quelle vidéo ! Ce morceau, qui contient un refrain magnifiquement chanté par Justin Vernon (Bon Iver) résume parfaitement l’album. Elle s’ouvre sur Eminem qui nous annonce qu’il est temps pour lui de répondre aux critiques. Et il ne fait de la plus belle des manières. Cette chanson a tout : des paroles qui vont droit au but et fonctionnent parfaitement sur ce beat, un flow intéressant, et un refrain qui se fond parfaitement avec le reste (ce qui n’est pas toujours le cas dans ses chansons). C’est surement ma préférée de l’album.

On enchaîne ensuite avec deux chansons plus courtes qui vont un peu ensemble. Il s’agit de Nice Guy et Good Guy, toutes deux en featuring avec Jessie Rezey. J’adore personnellement Nice Guy car elle a su me surprendre après un album qui l’avait déjà beaucoup fait. Ici, Eminem rap de nouveau sur une relation toxique mais pour une fois le flow n’est pas énervé. La chanson coupe et Good Guy prend le relais. Le ton est très différent et semble vouloir calmer le jeu. Jessie Reyez finit la chanson de la meilleure des façons et conclut (presque) l’album.

L’album touche à sa fin avec Venom, la chanson qui fera partie dans la bande son du film du même nom. Dans ce morceau, Eminem laisse de nouveau ses « démons » resurgirent et met en garde tout le monde contre son venin, faisait donc un parallèle sympa entre le ton de son album et l’histoire du film. Il mimique aussi dans le refraim la façon de parler du personnage. Cette chanson conclut parfaitement l’album car elle prévient ceux qui l’écoute : Eminem est toujours là et il ne joue plus.

Cet album est bien plus court que le précédent où le rappeur semblait s’être un peu perdu. Car si Revival était surement l’album le plus sincère du rappeur (ce qui est rare dans le rap et fait du bien) et avait quelques très bonnes chansons, il reste quand même de loin l’album que j’écoute le moins. Je l’ai personnellement renommé l’album Identity Crisis car il n’avait justement pas d’identité propre.

Avec Kamikaze, je ne dirais pas qu’Eminem corrige le tire (d’abord parce qu’il n’en avait pas besoin et) car l’album reste quand même une sorte de revanche et de mise en garde et manque donc un peu de relief. Pour faire simple, Revival a les défauts de Kamikaze, et vice versa. Mais, honnêtement, je pense que le but du rappeur n’était pas ici de montrer tout ce qu’il sait faire mais bien de remettre certaines personnes à leurs places, lui permettant à lui de reprendre sa propre place de « Rap God ».

Malgré ce léger défaut, ce nouvel album est une excellente surprise que je ne suis pas prête d’arrêter d’écouter en boucle.

Pour info, l’album s’est tout de suite classé numéro 1 des téléchargements iTunes (l’album étant sorti en version numérique dans un premier temps) dans plus de 70 pays, dont la France. Autant dire que depuis, les critiques se font plus rares…

 

 

 

 

 

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