Le Peigne noir de Nibur d’Alix d’Angalie (double critique)

Présentation : 

Auteur : Alix d’Angalie

Genre : Fantastique

Edition : Monde Premier

Date : 2013

Si vous suivez notre blog depuis plus d’un an, vous savez que les éditions Monde Premier nous avait donné l’occasion de lire un livre contre une critique honnête. Il s’agissait de L’Edit d’Alambrisa d’Alix d’Angalie que Maïssa et moi avions pas mal aimé. Cette année, nous renouvelons l’expérience avec un autre livre de l’auteure : Le Peigne noir de Nibur. Merci encore aux Editions Monde Premier pour leur confiance.

Synopsis : (pris sur le site wordpress de la maison d’édition)

Déterminée à éclaircir le mystère de ses origines, Aza franchit une invisible Barrière séparant deux mondes qui jadis ne faisaient qu’un. Elle découvre ainsi un territoire depuis longtemps oublié, peuplé par l’un des derniers clans du peuple Fær.

Devant sa témérité, les fæs décident de l’envoyer courir après un objet légendaire : le Peigne noir de Nibur. Renfermant une magie puissante, il devrait permettre à la Barrière de ne pas disparaître, préservant les terres dissimulées de la folie qui sévit de l’autre côté. Car des milliers d’années après le tragique naufrage de la princesse Nibur, le monde à son tour s’apprête à sombrer vers le néant.

Une chasse au trésor aux allures de course contre la montre va alors débuter.

Mais Aza réveille ainsi ses vieux ennemis…

Mon Avis : 

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas vraiment aimé ce livre autant que j’avais apprécié l‘Edit d’Alambrisa. J’ai par moment vraiment dû forcer ma lecture et cela me laisse avec un résultat assez frustrant. Ce qui m’a le plus dérangé est que j’avais pendant une bonne moitié du livre (un peu plus de 350 pages) l’impression de lire un version non finie du livre. Maïssa et moi avons trouvé ici et là quelques erreurs et répétitions assez gênantes. Cela accompagné de dialogues qui pour moi n’étaient simplement pas crédibles (surtout dans la première partie du récit), j’ai eu énormément de mal à entrer dans le livre (qui fait quand même 683 pages ^^).

La seconde chose qui m’a énormément dérangé c’est que le synopsis ne correspond pas du tout au contenu du livre. On nous parle d’une quête comme si c’était l’élément principal du livre alors que pas du tout. Il y a bien une quête mais elle n’apparaît qu’au dernier tiers du livre, qui est d’ailleurs le meilleur. Du coup, on attend, on attend et on attend encore en lisant des centaines de pages qui pour moi n’avaient pas lieu d’être aussi longues. Ajouté à cela un personnage principal pas vraiment attachante car trop naïve et bornée et vous obtenez une grosse déception. Je vais quand même vous donner mon avis un peu plus en détails mais je laisserais rapidement la place à Maïssa qui, elle, a plus aimé cette lecture que moi.

Pour commencer, j’ai assez aimé le début du livre car Aza cherche désespérément à retrouver ses origines et c’est assez bien amené. A ce moment là, j’ai même réussi à connecter un peu avec le personnage, ce qui n’a pas été du tout le cas par la suite. Le problème de cette première « partie » (je mets des guillemets car le livre n’est pas vraiment divisé en parties) c’est qu’on attend l’arrivée de l’élément fantastique et que lorsqu’il arrive enfin on ne peut s’empêcher de se dire « tout ça pour ça ? » Je m’explique. On lit plus de 150 pages avant de découvrir le monde des faes et je dois admettre que j’ai été vraiment déçue par cette découverte. Je suis une fan de fantastique et j’ai préféré la première partie du livre à celle où les faes apparaissent… L’attitude d’Aza qui refuse de croire à leur existence alors qu’elle les a sous les yeux, le trop grand nombre de faes qui empêchent de s’attacher à l’une d’elles en particulier et le manque d’une vraie révélation font que ce qui devait être un tournant de l’histoire n’est qu’un chapitre de plus et marque le déclin du livre. Mais ce qui m’a le plus choquée est le manque total d’émotions pour un moment qui est sensé être majeur dans la vie de la jeune fille. Elle découvre le monde des faes (puisqu’elle n’en a quasiment aucuns souvenirs) mais son attitude de « je ne veux pas y croire » casse complètement l’effet de la révélation. De plus, Aza retrouve enfin ses origines après une vie entière à chercher et aucune émotion ne ressort des pages. Alors, oui, l’auteure écrit des scènes avec des câlins et retrouvailles mais c’est comme si elle nous les montrait sans nous faire ressortir l’enjeu de ce moment. On passe trop vite à la suite, presque comme si de rien n’était, et perd le rythme du livre. On retombe dans l’attente d’une révélation, d’un retournement de situation ou de tout autre élément qui pourrait redonner vie au récit.

Sauf que voilà, le récit ne s’améliore pas vraiment lorsqu’Aza se lance dans une mission pour libérer deux personnes qu’elle pense avoir été capturés. Non seulement cela est incompréhensible car Aza se jette dans la gueule du loup sans réfléchir, mais en plus le livre gagne encore en longueur car ce qui se passe pendant cette mission n’est ni intéressant ni n’aura de très fort impact sur la suite. De plus, on attend toujours et encore notre quête.

Pendant cette partie du livre, Aza va rencontré pas mal de personnages très secondaires et cela m’amène à un autre point négatif. Comme s’attacher à des personnages qui ne font parti de l’histoire que pour quelques pages ? De plus, plus on avance dans l’histoire plus on s’attend à ce genre de personnages et moins on a envie d’en apprendre sur eux car on sait qu’ils ne font que passer. En gros, ça ne donne pas trop envie de s’impliquer dans sa lecture.

La quêtes arrive enfin et débute la dernière partie du livre. Comme je l’ai dis plus haut, c’est pour moi la meilleure. Néanmoins, j’ai été déçue que la façon dont la quête a été amené. Oubliées les quêtes du style du Seigneur des Anneaux et bienvenues à celles données aux gens sans raison apparente, juste parce qu’il faut faire avancer le livre.

Le voyage commence donc et nous découvrons un nouveau personnage, Pierre, qui cette fois-ci est attachant et me donne envie de lire la suite. Son histoire a d’ailleurs été bien racontée et le chapitre qui lui est consacré est l’un des meilleurs du livre. Sa relation avec Thomas est l’une des choses que j’ai le plus aimé, bien que je la trouve un peu mise de côté par la suite.

Cette troisième partie a quand même été marqué par deux moments qui m’ont rappelé pourquoi je n’ai pas aimé ce livre. D’abords, Aza passe de la fille qui se jette dans la gueule du loup à la fille qui prend tellement de précautions qu’on doit lire plusieurs chapitres inutiles avant d’arriver au cœur des choses. Ensuite, je vais être honnête et dire que j’ai simplement détesté la résolution de la quête. Elle est beaucoup trop facile, on la voit arrivée à l’avance et, surtout, n’est en aucun cas dû à Aza. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une problématique du livre est résolue sans l’aide quelconque du personnage principal qui perd encore un peu en crédibilité.

Pour ce qui est de ce que j’ai aimé du livre, il y a deux choses. D’abord, les personnages secondaires. Autant je n’ai pas aimé Aza du tout, autant sa meilleure amie, Linne, apporte énormément au récit et permet de connecter un peu le lecteur au personnage principal. Comme dit plus haut, j’ai également beaucoup aimé Thomas et Pierre qui ont parfaitement tenu leur rôles de personnages importants mais pas trop, à la fois marrants et attachants. La seconde chose que j’ai beaucoup aimé est le récit des mythes liés au Peigne. Cela ne dure qu’un chapitre ou deux mais m’a beaucoup plus embarqué que le reste du récit.

En conclusion, je ne peux malheureusement pas vous conseiller ce livre. Il s’agit d’un premier tome mais je ne compte pas lire la suite car j’ai déjà du trop forcer cette lecture. Mais ce n’est que mon avis. Qui sait, peut-être qu’avec celui de Maïssa certains d’entre vous se laisseront tenter. Si c’est le cas, n’hésitez pas à me donner vos avis en commentaires. Ça m’intéresse !

Note : 2.6/5 Une déception 

  • qualité d’écriture : 3/5
  • personnages : 3/5
  • monde/intrigue : 2.5/5
  • plaisir de lire : 2/5

Avis de Maïssa : 

Contrairement à Fanny, j’ai un peu plus apprécié le livre. Je suis absolument d’accord avec ce qu’elle avance dans son avis et ça m’a aussi gêné dans ma lecture mais, dans l’ensemble, j’ai quand même apprécié ma lecture. Vu que Fanny a exploré les points négatifs, je ne vais pas revenir dessus et plutôt vous exposer ce qui m’a plu dans ce livre.

Comme Fanny, j’ai eu du mal à rentrer dans ma lecture (mais ça a duré moins longtemps qu’elle). Au tout début, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’enquête sur les origines d’Aza. On avait tellement peu d’indices que ça avançait par à-coups, ce qui a eu du mal à me passionner. En plus, je trouvais Aza assez naïve à certains moments, ne prenant pas de recul sur ce que les gens lui disaient alors qu’on voyait bien qu’ils ne voulaient pas qu’elle découvre la vérité. Une fois, les origines découvertes, ça allait mieux et je me suis prise au jeu de la découverte du monde des Faer. J’ai eu un peu de mal dans l’explication du monde car il y avait trop de petits détails qui du coup m’ont brouillé ma vision d’ensemble (d’ailleurs ça marche aussi avec certaines descriptions de lieu qui alourdissent le texte). Pourtant en découvrant le monde avec Aza, j’ai adoré en discerner la complexité. Alix d’Angalie a réussi à créer un monde riche et complexe, une civilisation entière, d’une façon totalement crédible. Le monde des faers pourrait bien exister en parallèle du nôtre tellement il semble vraisemblable. D’ailleurs, j’adorerais y faire un tour si c’était le cas. On découvre un monde loin des fées qu’on connaît d’habitude. Ici, pas de petite bonne femme miniature avec une paire d’ailes mais plutôt des amazones/chasseresses. J’ai beaucoup aimé cette originalité, ce monde unique tout droit sorti de l’imagination fertile de l’auteure. En jouant à la fois sur ses fées et en même temps sur des références aux légendes (arthurienne entre autres) Alix d’Angalie met en place un univers vraiment à part qui fait tout le charme de ce livre.

La deuxième « quête » ne m’a vraiment pas plu, puisque comme le souligne Fanny, Aza se jette la tête la première dans un piège et il n’y a pas l’intensité voulue. Après, j’imagine que ce moment-là est important pour la série dans son ensemble mais sur le moment ça semble sonner faux. C’est l’occasion de découvrir des nouveaux personnages qui comme Fanny le souligne sont secondaires et voués à disparaître assez rapidement, mais malgré ça je me suis attachée à eux et je voulais savoir ce qu’ils devenaient après. Ça m’a fait ça a de nombreux moments dans le livre où je me suis prise d’intérêt pour des personnages que l’on voit peu ou dont on se doute qu’ils ne sont pas là pour longtemps.

D’ailleurs, pendant qu’on parle de personnage, j’émets les mêmes réserves que Fanny sur Aza dont le caractère et surtout les réactions m’ont totalement déconcerté. Un moment elle fait preuve d’imprudence puis preuve d’une prudence excessive et non justifiée plus tard. Par contre, j’ai adoré Linne, sa meilleure amie qui l’accompagne dans cette aventure. Linne-de-feu comme la surnomment les faes, un  surnom très bien trouvé pour ce personnage qui n’a pas sa langue dans la poche et qui est une vraie boule d’énergie. J’adore le duo qu’elle forme avec Aza : une équipe soudée, toujours là l’une pour l’autre. J‘ai beaucoup aimé en découvrir plus sur Linne au fil des aventures. Je pense que c’est le personnage qui m’a le plus marqué de ce livre, même si les autres ne sont pas en reste, Thomas (prononcez le s) en tête. Il y a énormément de personnages secondaires dans ce livre (rassurez-vous pas assez pour que vous vous y perdiez) et on s’attache plus ou moins à tous et de façon différente. Au fil des pages, on les découvre, on apprend à les aimer (ou pas) et pour certains on en apprend plus sur leurs histoires. Tout cela créé une galerie de personnages auxquels on finit par s’attacher.

Quant à la quête de fameux Peigne de Nibur, je suis assez partagée à son sujet. La quête en elle-même arrive trop tard à mon goût dans le récit et perd tout son attrait dès le début, au moment où on découvre pourquoi on a confié cette tâche à Aza. S’en suit une quête qui en elle-même est assez mal menée et dont la résolution est trop simple à mon goût. Mais (car oui il y a un Mais, un immense Mais même) selon moi tout l’intérêt de cette quête est de découvrir un nouveau pan du monde enclavé (monde des faer pour faire simple). J’ai beaucoup aimé découvrir un nouvel horizon dans un monde qu’on commence à connaitre. Cette quête re-dynamise le récit qui souffre parfois de temps morts. J’ai adoré le lieu dans lequel se passe la quête et voir les différences entre ce qu’on a appris à connaitre et ce nouveau lieu était génial. Alix d’Angalie fait encore preuve d’une imagination sans bornes en dévoilant un autre pan d’un monde qu’on avait cru cerné. Personnellement, j’ai beaucoup aimé découvrir la « société » dans laquelle se passe cette quête.

En conclusion, j’ai un avis plutôt positif sur ce livre qui dans l’ensemble m’a plutôt plu et que j’ai pris plaisir à découvrir même si certains détails m’ont gêné : une certaine lenteur parfois, le caractère pas crédible d’Aza a certains moments et les descriptions qui m’ont parfois perdu. Mais d’un autre côté, ce livre a de gros points forts : des personnages attachants, un monde original, riche et maitrisé par son auteure et des intrigues assez intéressantes.  Contrairement à Fanny, je lirais avec plaisir le tome 2, surtout que la fin du livre laisse entrevoir une intrigue qui m’a tout de suite beaucoup plu et dont je veux connaitre le fin mot. Alors en un mot on peut dire que c’est un livre qui vaut le détour mais qui souffre de quelques défauts qui peuvent ralentir la lecture voire la gêner. Mais si je dois vous conseiller un livre de cette auteure, je vous conseille plutôt l’Edit d’Alambrisa.

Note : 3.4/5 Une lecture sympa qui souffre de quelques défauts

  • qualité d’écriture : 3.5/5
  • personnages : 3/5
  • monde/intrigue : 4/5
  • plaisir de lire : 3/5
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2 réflexions sur “Le Peigne noir de Nibur d’Alix d’Angalie (double critique)

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