Le Lion de Joseph Kessel

9782070612567Présentation :

Auteur: Joseph Kessel

Genre: jeunesse, récit fictif de voyage

Date: 1958

Édition: Folio

Résumé :

Au début du roman, notre narrateur entreprend une nouvelle étape de son voyage en Afrique dans un parc royal du Kenya où les animaux sont protégés. Il espère enfin pouvoir les approcher dans leur milieu naturel. Dans ce parc, il fait la connaissance de Patricia, la fille du directeur, qui semble avoir une connexion particulière avec les animaux, dont un en particulier le lion King, qu’elle a recueilli alors qu’il n’était qu’un lionceau. Mais les fiers guerriers masaïs, qui passent par le parc, ont une tradition séculaire : pour devenir un homme les guerriers doivent tuer un lion avec seulement leur lance et un couteau. Bien que cette pratique soit interdite, l’un d’eux continue d’y rêver.

Avis :

Ce livre ne fait pas parti de ceux vers lesquels je me dirige spontanément. J’ai un peu de mal avec les récits de voyage et ceux catégorisés jeunesse encore plus, mais les nombreux avis positifs sur ce livre et sur la plume de l’auteur m’ont convaincu de tenter ma chance. Vu que je l’ai trouvé dans la bibliothèque familiale je me suis lancée. Et ça a été une super expérience.

L’histoire est assez simple. Un homme à la recherche de la nature sauvage rencontre une fillette qui en fait partie, qui est acceptée par les animaux et qui peut lui faire découvrir une partie de ce qu’il cherche. Dit comme ça, ça m’avait pas vraiment convaincue. Mais dès les premières pages, je me suis rendu compte que l’histoire importait peu. Elle est juste un prétexte à une immersion incroyable dans la savane africaine. Joseph Kessel, avec une écriture aussi simple que puissante, arrive à nous transporter en plein cœur de ce parc royal du Kenya. Ces  descriptions sont très visuels et très précises, sans être ennuyeuses à lire. J’ai l’impression d’avoir voyagé, je me suis émerveillée des paysages, tout ça sans bouger de chez moi ! Je suis ressortie de ce livre comme on revient d’un voyage : éblouie, la tête pleine d’images, avec l’envie d’y retourner, tout en craignant que ce ne soit pas pareil la deuxième fois. J’ai été totalement émerveillée par ce livre et pourtant la savane africaine ne fait pas partie des destinations où je rêve d’aller (du moins avant ce livre). Cette découverte de la savane est d’autant plus immersive que le récit est fait à la première personne. Il n’y a qu’un mot pour décrire la sensation que m’a procurée ce livre : envoutant.

On ne découvre pas n’importe quelle Afrique, mais l’Afrique coloniale. On est réellement plongé dans ce système très particulier, ce qui nous permet de découvrir la façon dont les Européens dirigeants perçoivent les noirs, les différentes tribus, et c’est très intéressant. À travers le personnage de la mère, on voit aussi le mode de vie très particulier de ces blancs expatriés. Ce qui m’a le plus choqué, c’est de voir à quel point les personnages considèrent leur préjugés comme étant normaux. Même Patricia, avec son regard d’enfant, semble les considérer comme plus proches des animaux que des « hommes ». Seul le narrateur semble pressentir la fin de cette époque.

J’ai dit plus haut que l’histoire n’est qu’un prétexte à une immersion dans la savane, mais ce n’est pas vrai. C’est juste qu’elle n’est pas le point le plus marquant. Les rebondissements sont assez faciles à prévoir, mais on est tellement pris par le récit et les paysages que ça ne gêne pas la lecture. D’ailleurs comme le narrateur le dit à un moment, on est persuadé qu’il y aura un dénouement et ce qui nous pousse à continuer. Et d’ailleurs quel dénouement ! Il est juste bouleversant et inattendu (en un sens).

Mais mise à part la savane, l’autre point fort du livre, c’est les personnages. Même si au premier abord ils paraissent assez clichés, on découvre rapidement une vraie profondeur en eux (bon ok pour certain ça peu prendre pas mal de temps). J’ai tout de suite adhéré au personnage de Patricia et ça dès sa première apparition. Cette petite fille, qui entretient un rapport très particulier avec les animaux, fait souvent preuve d’une très (trop peut-être) grande maturité qui est contrebalancée par ces sautes humeurs difficiles à suivre.  J’ai adoré la relation qu’elle entretient avec King, qui est vraiment touchante et celle qui se créée avec le narrateur. Patricia m’a fait un peu penser au Petit Prince, avec sa capacité à analyser les gens de façon très juste. J’ai été touchée par la solitude de Patricia, qui se met à l’écart des hommes pour se rapprocher des animaux. Les parents de Patricia sont assez particuliers, que ce soit Build le chasseur reconverti en directeur du parc, ou sa mère, Sybil, qui se languit de la vie des salons européens et qui est terrifiée par la savane. Mais ce qui les rend touchants c’est leurs difficultés à s’accorder alors qu’ils s’aiment profondément les uns les autres.

En conclusion :

Ce roman est donc pour moi une très belle découverte. Je n’en attendais pas grand-chose et j’ai été pris dans un récit bouleversant et dépaysant, qui m’a vraiment émue. J’ai réellement adhéré à la plume de Joseph Kessel et je pense aller jeter rapidement un coup d’œil  à ses autres livres.

Sur ce, bonne lecture à tous. Et n’hésitez pas à me laisser en commentaire vos avis si vous avez lu ce livre, et ce que vous en avez pensé.

Note:4.5 /5 : une lecture agréable.

  • qualité d’écriture: 5/5
  • personnages: 4/5
  • monde: 5/5
  • plaisir de lire: 4/5

Citation:

« Mais l’aurore surgit d’un seul coup, prompte et glorieuse. La neige du Kilimandjaro devint un doux brasier. La brume se déchira en écharpes de fées, en poudre de diamant. L’eau étincela au fond de l’herbe. Les bêtes commencèrent à composer leur tapisserie vivante au pied de la grande montagne.
Alors cette beauté fut de nouveau toute fraîche, toute neuve pour mes yeux et telle qu’ils l’avaient découverte dans un matin sans précédent. La nature avait beau répéter éternellement ses miracles, elle ne perdait rien, elle, de sa splendeur et de son intégrité. »

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3 réflexions sur “Le Lion de Joseph Kessel

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