Qui es-tu Alaska ? de John Green

cvt_Qui-es-tu-Alaska-_3935Présentation :

Auteur: John Green

Genre: Young-Adult

Date: 3 mars 2005 (aux USA)

Édition: Galimard Jeunesse

Résumé :

Miles Halter, un garçon passionné par les dernières paroles des gens, quitte sa vie bien tranquille pour le pensionnat Culiver Creek en quête du Grand Peut-Être, c’est-à-dire quelque chose de plus. Là, il rencontre une bande avec lequel il va se lier d’amitié : Chip, dit le Colonel, Takumi et Alaska. Cette dernière s’avère être une grande énigme, tantôt joyeuse et pleine de punch, tantôt triste et renfermée. Elle va exercer une grande fascination sur Miles. À travers une nouvelle vie, pleine de nouvelles expériences, Miles va tenter de résoudre ce grand mystère qu’est l’indépendante Alaska.

Avis :

Ce roman est le premier écrit par John Green. Je connaissais l’auteur par Nos étoiles contraires, que j’avais tout simplement adoré, alors quand une amie, m’a gentiment prêtée ce livre, je me suis dit pourquoi pas. Mon avis est assez divisé, parce qu’il y a des éléments que j’ai beaucoup apprécié mais dans l’ensemble je l’ai trouvé assez moyen.

La quatrième de couverture me semblait assez prometteuse, mais en fait il n’en n’était rien. Le roman est construit comme un grand compte-à-rebours jusqu’à un évènement puis comme un décompte des jours après. C’est montré seulement par le titre des chapitres. Ce principe est très bien utilisé et mis en place, et est très intéressant en lui-même et pour l’histoire. Le compte-à-rebours fessant à peu près les ¾ du roman, on en oublie le décompte pour se concentrer sur la narration, du coup quand on arrive au bout du compte-à-rebours, et donc à l’évènement majeur du roman, on est très surpris. Mais mis à part ce système, qui entretient le suspense pendant la première partie du roman, le reste est assez moyen. Miles, s’intègre à une bande et vit sa vie de lycéen. Bref pas mal mais rien d’extraordinaire. Pourtant, certains passage sont franchement drôles, comme « l’opération Grange », et d’autres touchantes, mais j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire car je ne voyais pas où on allait et dans quel but. C’est l’histoire à la fois banal et touchante d’un garçon qui lit des biographies pour trouver les dernières phrases qu’on prononcé les gens et qui fait des canulars avec ses amis. Et au moment où je commence à m’y faire et à apprécier cette idée que l’histoire n’a peut-être pas d’autres but que de montrer Miles bavé littéralement devant Alaska, le conte-à-rebours touche à sa fin et le grand événement arrive, et bouleverse tout, dont moi, qui suit absolument choquée et attristée. Certes j’aurais pu le voir venir et je l’ai même envisagé avant de repousser cette possibilité car je ne voulais pas y croire. La deuxième partie du roman est plus intéressante, car elle cherche à comprendre le pourquoi de l’événement majeur, et ses conséquences. Et là je me suis vraiment retrouvée impliquée émotionnellement dans le roman. Tous comme Miles, je voulais les réponses, je les cherchais, elles m’obsédaient. Pourquoi ? J’ai beaucoup aimé la réponse qui a été portée. J’ai aimé le renversement final qui m’a beaucoup surpris, alors que je pensais l’histoire réglée. Le dernier chapitre est magistral, bien écrit, et touchant. Mais, dans la première partie comme dans la deuxième, les sentiments de Miles pour Alaska et plus exactement ses réactions, ont eu tendances à m’exaspérer. Certes Alaska est fascinante, même pour moi en tant que lectrice, mais voir Miles minauder m’a rapidement soulé. En plus, il met de côté ses émotions, ne réagit jamais comme on l’attend, et a tendance à être assez blasé.

J’ai eu du mal à rentrer dans le roman, en grande partie parce que j’ai dû mal à m’attacher au personnage principal, voire mêmes aux autres personnages principaux. Ce que j’avais aimé dans Nos étoiles contraires, c’est la force de caractère des personnages. Là, ils sont plutôt plats, en particulier Miles, le narrateur, qui est la caricature du bon élève qui commence à faire des choses un peu contraire au règlement. Certes, il est drôle, mais parfois franchement il m’agace. Aucun personnage n’a une vraie présence, et une force de caractère sauf Alaska. C’est ce qui fait qu’elle est le seul personnage qui m’a réellement intéressé. Comme le narrateur, j’ai voulu savoir ce qui se cachait derrière les sautes d’humeur d’Alaska, et derrière ses déprimes qui paraissaient inexplicable. En fait Alaska, est à la fois le point central de l’histoire et son point fort. J’ai aimé ce qu’elle est, et sa façon d’agir, et surtout sa bibliothèque de livres qu’elle achète dans des vides-greniers et qu’elle nomme la « Bibliothèque de sa vie », que je lui volerais bien. Alaska est drôle, sure d’elle, libre penseuse, mène son monde à la baguette, et défie le règlement pour affaire les choses comme elle l’entend, donc forcément, elle attire l’attention mais j’aime aussi l’Alaska sombre et renfermée. L’autre personnage qui m’a beaucoup plus, c’est Takumi. Certes, on ne le voit pas beaucoup, mais j’ai trouvé très drôle la scène où il se balade avec une espèce de chapeau/tête de renard pour se donner du courage pendant un mauvais coup, et je me suis dit qu’il est dommage qu’il ne soit pas un peu plus mis en avant, car il est vraiment particulier. À travers le personnage d’Alaska, John Green, nous montre sa capacité à rendre à merveille les adolescents avec leurs doutes, leurs questions, leurs folies, sans tomber dans le cliché mais avec justesse. Et au fond, tous les personnages sont humains, et adolescents, tous à leur manière, et donc tous attachants.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, c’est la réflexion plus abstraite qu’il y a derrière et que se pose sans cesse Alaska : comment sorti du labyrinthe de souffrance. Chacun y apporte sa réponse. Celle d’Alaska, résonne en moi, mais celle de Miles est juste magnifique. J’ai aimé la façon dont la question est amenée mais surtout comment elle donne une autre dimension au roman et le rend meilleur. C’est une question qu’on peut tous se poser, et qui est universelle. D’elle découle des milliers de questions philosophiques : quel est le but de la vie ? Quelle trace on laisse vraiment après notre mort ? Une rencontre peut-elle changé une vie ? Toute ces questions sont abordées pas de façon hyper philosophique et savante mais de façon très simple et sensible, et c’est, je trouve, ce qui fait la beauté de ce roman et son vrai plus grand point fort.

Bref j’ai vraiment un avis en demi-teinte face à ce livre. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans et à apprécier le personnage principal. La première partie me paraissait banale, mais la deuxième a relevé le niveau, et je me suis vraiment prise dans le roman. Je n’y ai pas retrouvé tout ce que j’avais aimé de John Green : son humour, ses personnages forts, sa capacité à m’émouvoir aux larmes (là j’ai été touché mais pas à ce point) et à me faire rire l’instant d’après. Mais j’y ai retrouvé la justesse de ses personnages, ses réflexions qui dépassent la simple fiction et la qualité de sa plume. Donc je déconseille fortement de commencer John Green avec ce roman, mais si vous connaissez déjà l’auteur ça peut-être une lecture intéressante.

Sur ce bonne lecture à tous. Et n’hésitez pas à me laisser en commentaire vos avis si vous avez lu ce livre, et ce que vous en avez pensé.

Note: 3.25/5

  • qualité d’écriture: 4/5
  • personnages: 4/5
  • monde: 2/5
  • plaisir de lire: 3/5

Citation:

« On passa sa vie coincé dans le labyrinthe a essayé d’en sortir, en se régalant à l’avance de cette perspective. Et rêver à l’avenir permet de continuer, sauf qu’on ne passe jamais à sa réalisation. On se sert de l’avenir pour échapper au présent. »

 

 

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7 réflexions sur “Qui es-tu Alaska ? de John Green

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